Président du jury
Marcel Poot
Belgique, °1901 - 1988
Marcel Poot (1901-1988) fit ses études musicales supérieures aux conservatoires d’Anvers et de Bruxelles. Il fut un disciple de Paul Gilson pour la composition et l’orchestration et après avoir obtenu en 1930 le Prix Rubens, il travailla à Paris avec Paul Dukas.

En 1925, il crée avec quelques amis le groupe des Synthétistes pour faire mieux connaître la musique contemporaine. Il fonde avec son maître Paul Gilson, la Revue Musicale Belge. Parmi ses multiples occupations, citons qu’il fut aussi critique musical au journal Le Peuple et après la guerre au journal La Nation Belge. Il occupe jusqu’en 1940 un poste à l’Institut National de Radiodiffusion nouvellement créé. En collaboration avec le directeur Theo Fleischman il écrivit divers jeux radiophoniques. Après la guerre il reprend ses activités à L’I.N.R. et y devient président du jury d’audition jusqu’en 1949. Il assume également la présidence de la SABAM pendant de nombreuses années.

Après une importante carrière dans l’enseignement musical, Marcel Poot quitte la radio pour devenir en 1949 directeur du Conservatoire de Musique de Bruxelles jusqu’en 1966. Il y était déjà professeur d’harmonie pratique et de contrepoint. De 1963 à 1980 il a présidé le jury du Concours Reine Elisabeth et de 1969 à 1976 il a été recteur de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Il était membre de l’Académie Royale Flamande de Belgique.

Il est titulaire de plusieurs décorations belges et étrangères, dont en Belgique officier de l’Ordre de Léopold et en France officier de la Légion d’Honneur.
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Guido Agosti
, °1901 - 1989
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Alexandre Brailowsky
Russie (Fédération de), France, °1896 - 1976
Alexandre Brailowsky était un pianist russe qui étudia avec Busoni et Francis Planté, et fit ses débuts à Paris en 1919. En 1926, il devint citoyen français. Il était un spécialiste de Chopin et donna une série de récitals des œuvres complètes de ce compositeur, dans de nombreux pays. Ses enregistrements ont commencé à la période acoustique, et ont continué bien après l’introduction du stéréo.
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Reimar Dahlgrun
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Eduardo del Pueyo
, °1905 - 1986
Né à Zaragoza, en Espagne, Eduardo del Pueyo (1905-1986) avait débuté ses études musicales à 8 ans et sa carrière pianistique à 16 ans. Brillant technicien, d’un esprit raffiné et d’un tempérament riche, il sera, durant quelques décennies, une référence, notamment en matière d’interprétation des oeuvres de Beethoven.
Professeur au Conservatoire Royal de Bruxelles, à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, à l’Université Autonome de Madrid et au Mozarteum de Salzbourg, il aura été conseiller technique et membre du jury du Concours Reine Elisabeth depuis sa fondation. Le moindre de ses titres n’est pas celui d’avoir formé quelques uns des lauréats belges de du Concours Reine Elisabeth : Jean-Claude Vanden Eynden, André De Groote, Jo Alfidi, Evelyne Brancart et Johan Schmidt.
C’est en 1977 que fut créé le Centre européen des hautes études musicales, à l’initiative d'Eduardo del Pueyo et de Jean-Claude Vanden Eynden, devenu Centre Musical Eduardo del Pueyo en 2004.


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Liuba Enceva
Bulgarie (Rép.), °1914 - 1989
Liuba Enceva était une pianiste et un professeur de musique bulgare. Initiée au piano par sa mère, elle remporta le premier prix du 65ème concours du Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan, alors seulement âgée de dix ans. En 1932, à l'âge de 19 ans, elle fut diplômée du Conservatoire de Milan avec les plus hautes distinctions. À Paris, elle se perfectionna aux côtés de Marcel Ciampi et de Lazar Levy ; puis avec Edwin Fischer à Berlin. Elle commença à se produire en Bulgarie dès 1926. En 1936, elle gagna la médaille d'argent au Concours International pour Chanteurs et Instrumentistes de Vienne, après quoi elle partit pour une tournée internationale.

Elle devint enseignante de piano au Conservatoire National de Sofia en 1963, où elle avait donné des classes régulièrement depuis 1950, combinant ainsi une carrière de concertiste à ses activités de pédagogue. Grâce à sa remarquable intégrité musicale, Liuba Enceva fut régulièrement invitée à prendre part aux jurys de concours internationaux de piano, tels que les concours Tchaïkovsky, Chopin, Reine Elisabeth, Robert Schuman, Bach, Debussy et Busoni. Elle fut professeur invitée à l'Académie Muzishino de Tokyo, de 1981 à 1982, période pendant laquelle elle réalisa une grande tournée au Japon et en Australie. Elle donna couramment des masterclasses et fonda la Faculté de Musique de la ville d'Isperih en 1985.

En 1937, Liuba Enceva participa à l'ouverture du Hall Bulgaria à Sofia, avec une interprétation du concerto pour deux pianos et orchestre de Jean-Sébastien Bach, avec Dimitar Nenov et accompagné de l'Orchestre Philharmonique de Sofia dirigé par T. Tsankov. Elle revint à Sofia pour son premier concert après la Deuxième Guerre Mondiale, en 1946. Peu après, elle devint une soliste établie de Radio Sofia. En 1959, elle joua pour la première fois avec Sava Dimitrov à la clarinette, un duo qui se produisit sur toutes les plus grades scènes pendant 26 ans.

Pour le label Alpha and Lehman Gorle, elle fit ses premiers enregistrements d'oeuvres de Pancho, Svetoslav Obretenov, Dimitar Nenov, Parashkev Hadjiev et Georgi Zlatev-Cherkin. En 1989, Liuba Enceva réalisa son dernier enregistrement pour la Radio Nationale de Bugarie, dont fut tiré un CD en 2009 à l'occasion du vingtième anniversaire de sa mort.

En 1952, Liuba Enceva reçut le Prix Dimitrov, et en 1979, elle reçut le titre d'Artiste du Peuple de Bulgarie. En 1985, elle obtint le Award of Musical Days « Dimitar Nenov » à Razgrad. Alexander Petrov, son mari , fit le don de sa maison natale à la Fondation des Jeunes Talents en 1997. Depuis 2008, un prix annuel au nom de Liuba Enceva est organisé à l'Académie de Musique, Dances et Beaux-Arts Plovdiv. Une Fondation des Arts a aussi repris son nom.
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Annie Fischer
, °1914 - 1995
La pianiste hongroise Annie Fischer était un enfant prodige : elle fit ses débuts à huit ans, en interprétant le Concerto en do majeur de Beethoven. Elle étudia à l'Académie de Musique de Budapest sous la direction de Arnold Szekely et d'Ernst von Dohnanyi. En 1933, elle remporta le premier prix du Concours Liszt de Budapest. Quatre ans plus tard, elle épousa le critique musical Aladar Toth. D'origine juive, elle dut émigrer en Suède en 1941 pour fuir une Hongrie à l'antisémitisme croissant, sur le modèle de l'Allemagne nazie. Elle revint en Hongrie à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, en 1946.

Sa carrière de concertiste la mena dans le monde entier. En 1955, elle fut nommée professeur honoraire de l'Académie de Musique de Budapest. Dans ses dernières années, elle se produisit moins régulièrement, et principalement en dehors de Budapest (en Hongrie autant qu'à l'étranger). Le mélange entre son jeu capricieux et explosif, et son extrême sensibilité, rappelait la tradition de l'époque Romantique. Son répertoire était centré sur la période allant de Mozart à Brahms. Elle enregistra ses interprétations de plusieurs Concertos de Mozart, ainsi que le Concerto No. 3 de Bela Bartók.
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Leon Fleisher
États-Unis, °1928 - 2020

Léon Fleisher, pianiste prodige à deux et à une main(s)

Léon Fleisher est né à San Francisco en 1928, de parents qui ont émigré aux États-Unis d’Europe de l’Est. Il apprend le piano à l’âge quatre ans et à neuf ans, a suivi l’enseignement du pianiste de renom Artur Schnabel. Sa carrière musicale commence à l’Orchestre philharmonique de New York, qu’il intègre à l’âge de 16 ans. C’est le début d’une grande carrière pianistique, marquée par de nombreux enregistrements, notamment de Beethoven, Brahms et Schubert mais aussi de compositeurs américains contemporains tels que Roger Sessions (avec qui il a brièvement étudié le solfège) et Aaron Copland.

Une carrière qui sera mise à mal par une maladie, la dystonie focale, qui le prive de l’usage de sa main droite. Après une pause de deux ans, Léon Fleisher se tourne vers l’enseignement et la direction d’orchestre. Il recommence également à jouer du piano, se concentrant sur les œuvres écrites pour la main gauche, il exhume d’ailleurs plusieurs œuvres qui avaient été composées pour le pianiste Paul Wittgenstein, qui avait perdu son bras droit pendant la Première Guerre mondiale. Il enregistrera d’ailleurs dans les années 1990 des sommets du répertoire de la main gauche, dont des concertos de Ravel, Prokofiev et Britten, de la musique de chambre de Korngold et Schmidt, et des œuvres solistes de Saint-Saëns, Godowsky et Bach. Des compositeurs, comme Leon Kirchner, lui écriront également des œuvres pour la main gauche.

En 1995, à force de détermination et après de nombreux traitements, Léon Fleisher a pu recommencer à jouer de sa main droite, sans récupérer entièrement son habileté d’autrefois. En 2004, il sort un disque intitulé Two Hands (Deux mains), son premier après 41 ans d'interruption. Il fera également un retour triomphant lors d'un concert au Carnegie Hall de New York en 2003.

Premier lauréat du Concours Reine Elisabeth en 1952

Alors âgé de 24 ans, Leon Fleisher est le premier Américain à remporter le Concours Reine Elisabeth en 1952, en interprétant avec une grande virtuosité le premier concerto pour piano de Brahms. Une interprétation également marquée par un incident particulier. Dans la cadence du premier mouvement, Leon Fleisher casse une des cordes graves du piano. L’accordeur étant introuvable, Leon Fleisher a entrepris lui-même de remplacer la corde cassée, devant un public et un jury médusés et amusés. Il a ensuite repris l’interprétation du concerto avec un calme impressionnant, comme si rien ne s’était passé.

Premier lauréat en 1952, Léon Fleisher fut également membre du jury pendant plusieurs éditions de piano.

Article de rtbf.be/musiq3
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Emil Gilels
Russie (Fédération de), °1916 - 1985
Emil Gilels naquit à Odessa. Il n'était pas issu d'une famille de musiciens : son père travaillait comme employé dans une raffinerie de sucre, et sa mère était mère au foyer. A l'âge de cinq ans et demi, il fut présenté à Yakov Tkach, un célèbre professeur de piano d'Odessa. Emil Gilels exécuta la première partie de ses études musicales avec une facilité déconcertante. En 1929, âgé de seulement douze ans, il donna son premier concert public. En 1930, il fut admis au Conservatoire d'Odessa dans la classe de Berta Reingbald. Son but principal était de faire participer le jeune élève au Concours First-Union Competition of Performers, annoncé pour 1933 à Moscou. La performance de Gilels y fit sensation - quand il finit de jouer, l'auditorium se leva en une ovation tumultueuse, et même le jury se leva pour applaudir. La question du premier prix ne fut même pas débattue : Gilels fut nommé vainqueur de manière unanime. Ce concours changea la vie d'Emil : il était soudainement devenu célèbre dans tout le pays. A la suite, il partit pour une grande tournée en URSS.

Gilels fut diplômé du Conservatoire d'Odessa à l'automne 1935. Il fut immédiatement admis dans la classe d'Heinrich Neuhaus comme étudiant dans le niveau supérieur du Conservatoire de Moscou, et Gilels renouvela ses engagements de concerts. Le phénomène « Gilels » commença alors à se faire connaître à l'étranger. A son arrivée à Moscou au début de l'année 1936, le chef Otto Klemperer monta le Concerto No. 3 en Do mineur Op. 37 de Beethoven, avec Gilels pour soliste. La même année, il participa à son premier concours international - le Concours International de l'Académie de Musique de Vienne. Bien qu'il ait réussi à attirer le regard de l'Europe sur sa prestation, et malgré le prestige indubitable de son statut de finaliste, il considéra sa deuxième place comme un échec. Le premier prix fut attribué à son ami Jacob Flier - un pianiste profondément romantique.

En 1938, Gilels et Flier participèrent au Concours Reine Elisabeth. Tout le monde attendait d'eux qu'ils confirment la réputation des musiciens soviétiques, après la victoire du violoniste David Oistrakh un an auparavant, et qu'ils fassent un retour triomphant. Et, de fait, Gilels obtint le premier prix et Flier le troisième. Le monde musical commença à parler d'Emil Gilels. Après ce Concours, il était supposé partir pour une longue tournée de concerts, notamment aux États-Unis. Mais ce projet fut brutalement interrompu par la Deuxième Guerre Mondiale. Gilels devint un héros dans son pays natal : il reçut une médaille pour ses accomplissements, fut félicité lors d'une fête donnée à son retour, et dans l'esprit des soviétiques, son nom résonnait au même titre que ceux des célèbres explorateurs, des pilotes et des stars de cinéma.

Emil Gilels finit ses études supérieures en 1938 et commença à enseigner au Conservatoire de Moscou (il obtint le statut de professeur en 1952). Il continua ce travail pédagogique de manière ponctuelle jusqu'en 1976, mais ne put jamais s'y consacrer entièrement à cause des nombreuses propositions de concerts qui lui étaient faites. Toutefois, il compta des pianistes importants parmi ses élèves, comme Marina Mdivani, Valery Afanassiev, Igor Zhukov et le pianiste et compositeur Vladimir Blok.

Quand la guerre éclata, il ne fut pas évacué comme les autres membres du Conservatoire. Il rejoignit la résistance civile et, obéissant à un ordre le pressant de revenir, commença à jouer au Front et dans les hôpitaux. Au début de l'année 1943, il interpréta la pièce de bravoure de Stravinsky, Petrouchka, pour les habitants épuisés de la ville assiégée de Leningrad.

A la fin de la guerre, Emil Gilels fut chargé d'une mission particulière : il devait représenter l'Art d'un pays victorieux. Il joua donc sur les scènes de l'Europe de l'est en ruines, et peu après, partit pour une tournée en Italie, Angleterre, France, Autriche, dans les pays scandinaves, et encore de nombreux autres. Tous les pays européens considéraient qu'accueillir Gilels pour un concert ou un enregistrement était un grand privilège. Il reçu des médailles et des honneurs - le public le vénérait.

En 1955, Emil Gilels devint le premier artiste soviétique à voyager aux États-Unis pour une tournée, depuis la Deuxième Guerre Mondiale. Entre les années 1950 et 1970, il atteignit l'apogée de sa carrière dans tous les aspects de son jeu. Il se produisit sous la baguette des plus grands chefs : Mravonski, Melik-Pashayev, Svetlanov, Ivanos, Rakhlin, Gauk, Ginsburg, Eliasberg, Niyazi, Jarvi, Kitayenko, Dudarova, Barshai. Ses collaborations avec Sanderling et Kondrashin furent particulièrement importantes et durables. En URSS, il eut d'autres liens avec Gusman, Paverman, Maluntsyan, Gokieli, Kolomiytseva, Shaposhnikov, Gurtovoy, Robinovich, Katz, Feldman, Vigners, Sherman, Stasevich, Sokolov, Tiulin, Kravchenko, Karapetyan, Dubrovsky, Tolba, Provatorov, Katayev, Aranovich, Chunikhin, Yadikh, Nikolayevsky, et bien d'autres. Grâce à ces collaborations, il put aussi trouver de nouveaux et talentueux chefs, tels que Verbintsky ou Ovchinikov.

Emil Gilels joua aussi dans des ensembles : avec les pianistes Flier et Zak, puis plus tard avec sa fille Elena Gilels ; les violonistes Elisabeth Gilels (sa soeur), Tziganov, Kogan ; le Quatuor Beethoven ; en trio avec Tziganov et Shirinsky, ainsi qu'avec son propre trio (Gilels, Kogan, Rostropovich) ; avec le flutiste Korneiv et le corniste français Shapiro. A l'étranger, il collabora aussi avec les Quatuors Amadeus et Sibelius Academy.

L'engagement d'Emil Gilels auprès de studios d'enregistrement fut aussi intensif que son engagement dans les tournées de concerts : il travailla avec de nombreuses compagnies, notamment Melodiya, Angel, Ariola, EMI, Eterna et Deutsche Grammophon. Ses enregistrements les plus anciens datent des années 1930 et comportent la Gigue de Loeillet-Godowsky, la Fantaisie sur Deux Thèmes des Noces de Figaro de Mozart-Liszt-Busoni, la Ballade No. 1 en Sol mineur Op. 23 de Chopin, la Rhapsodie Hongroise No. 9 de Liszt, la Toccata de Schumann et le Duetto tiré des Chansons sans paroles de Mendelssohn. Au total, Gilels enregistra près de 500 œuvres (sans compter les nombreuses versions existantes de pièces individuelles). Le nombre exact ne fut jamais connu, à cause des nombreux enregistrements audio et vidéo amateurs réalisés lors des récitals de Gilels.

Entre 1950 et 1970, Gilels continua à enseigner au Conservatoire de Moscou, tout en poursuivant une carrière publique importante. Il ne put toutefois refuser l'invitation à présider le jury du Concours International Tchaikovsky de Piano - position qu'il conserva pendant les quatre premières sessions de ce concours.

Au milieu des années 1970, Emil Gilels commença à limiter ses activités qui n'étaient pas directement liées à son statut de concertiste. Il arrêta de prendre part aux jurys des concours internationaux de piano, et arrêta d'enseigner.

Emil Gilels fut nommé Artiste du Peuple d'URSS, reçut le Prix Lénine en 1962, et en 1976 - en l'honneur de son soixantième anniversaire - il fut gratifié de la distinction la plus haute du gouvernement soviétique : Héros du Travail Socialiste.
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Franz Joseph Hirt
Suisse, °1899 - 1985
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Eugene Istomin
États-Unis, °1925 - 2003
Eugene Istomin fut longtemps considéré comme l'un des plus grands pianistes du XXème siècle. Son association précieuse de virtuosité, d'intuition poétique et d'un style d'une grande noblesse lui valut une reconnaissance internationale en tant que récitaliste, soliste et musicien chambriste. Né à New York de parents russes et chanteurs professionnels, ses dons musicaux prodigieux furent découverts par le pédagogue russe Alexander Siloti, alors qu'il n'avait que six ans. A l'âge de douze ans, il fut admis à l'Institut Curtis de Philadelphie, pour y étudier aux côtés de Rudolf Serkin et Mieczyslaw Horzowski.

Eugene Istomin attira l'attention nationale à l'âge de 17 ans, lorsqu'il remporta simultanément les Prix Jeunesse des orchestres Leventritt et Philadelphia, et fit ses débuts sensationnels la même semaine aux côtés des orchestres philharmoniques de New York et de Philadelphie. En 1950, il fut le musicien le plus jeune à se produire au premier festival Prades, sous la direction artistique de Pablo Casals. Dès lors, il donna plus de 4000 concerts avec les plus grands orchestres mondiaux, et apparut lors de récitals sur les six continents.

Il eut le privilège unique de se produire avec des chefs d'orchestre légendaires, tels que Bruno Walter, Fritz Reiner, George Szell, Charles Munch, Dimitri Mitropoulos, Eugene Ormandy, et Leonard Bernstein. Cette liste s'étend aux grands noms de notre époque. D'éminents compositeurs tels que Henri Dutilleux, Roger Sessions et Ned Rorem - entre autres - lui ont écrit et dédicacé des œuvres.

Ses performances avec le trio légendaire Istomin-Stern-Rose furent tout aussi impressionnantes que sa carrière de soliste : ce trio fut formé en 1960 avec ses amis Isaac Stern et Leonard Rose. Nombre de leurs enregistrements sont encore considérés comme illustrations de la musique du plus haut niveau. En plus de sa musique, Eugene Istomin s'intéressait beaucoup aux arts visuels, à la littérature et à l'histoire. Il était passionné de sport, particulièrement le baseball. Ces diverses sources d'intérêt, ainsi que ses amitiés, enrichissaient sa vie de musicien.

Eugene Istomin participa à de nombreux événements culturels mondiaux en tant qu'ambassadeur  culturel, sous les présidences d'Eisenhower, de Kennedy, de Johnson, de Nixon, de Carter et de Reagan. Il se produisit à la Maison Blanche, et joua à trois reprises à l'occasion d'Assemblées Générales des Nations Unies, à New York. Il prenait aussi part activement à des manifestations promouvant la culture et l'éducation. En 1988, il se lança dans une tournée de quatre mois en soliste sans précédents, à travers trente villes américaines, accompagné de son technicien personnel et utilisant un camion tout spécialement destiné à transporter ses deux grands pianos de concert Steinway. Il était tout à fait conscient que la grande musique appartenait à la vie musicale de centres musicaux et ces tournées étaient pour lui le moyen de, « au niveau instrumental, faire venir les concerts habituels de Paris ou de New-York dans de grandes villes aussi bien que dans des endroits plus modestes ». Ainsi, il continua ces tournées pendant huit années consécutives.

Tout au long de sa longue carrière, Eugene Istomin réalisa des douzaines d'enregistrements - notamment de concertos, d'oeuvres pour solistes, et ses fameux enregistrements en trio, balayant l'intégralité de la littérature chambriste. En 2001, il enregistra trois concerti de plus, notamment la Fantaisie pour piano et orchestre de Paul Paray - qui n'avait encore jamais été enregistrée - avec l'orchestre symphonique de Budapest dirigé par Jean-Bernard Pommier.
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Viktor Merjanov
Russie (Fédération de) - 2012
Viktor Merjanov est professeur de piano et directeur de la section de piano au Conservatoire de Moscou. Il a été formé dans ce même conservatoire par le professeur Feinberg. Titulaire de grand prix nationaux et internationaux (du Concours Chopin en 1949), il compte plusieurs élèves qui, à leur tour, brilleront dans les concours.
Sa carrière de soliste, de professeur et de conférencier l'a conduit dans tous les États de l'Union soviétique, dans la plupart des pays d'Europe et jusqu'à Cuba et aux États-Unis. Il a joué sous la baguette de nombreux chefs, dont Kondrashin, Temirkanov, Maderna ou Berglund.
On lui doit également plusieurs articles sur divers thèmes musicaux ou pédagogiques. Il est membre du Comité de l'International Music Union et président de la Russian Rachmaninov Society. Il est également président du Concours Rachmaninov et siège dans les jurys de nombreux concours.
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Vlado Perlemuter
Lituanie, France, °1904 - 2002
Vlado Perlemuter était le troisième de quatre frères, dont le père était rabbin. Bien que né de parents polonais et juifs en Lituanie, il partit pour Paris à l'âge de quatre ans, et y vécut pendant toute sa vie : il est donc connu comme un pianiste français. Il commença le piano à l'âge de neuf ans et, deux ans plus tard, commença des leçons avec Moritz Moszkowski, qui durèrent deux ans aussi. A treize ans, il entra dans la classe d'Alfred Cortot au Conservatoire de Paris ; il reçut le premier prix à quinze ans. A son examen, il joua le Theme et Variations Op. 73 de Fauré ; le compositeur était membre du jury de cet examen. L'année suivante, alors qu'il avait seize ans, il gagna un Prix d'Honneur pour sa performance des Variations, Interlude et Finale sur un thème de Rameau de Paul Dukas. Ses succès continuèrent lorsqu'il remporta le Prix Diémer, pour lequel seuls les élèves qui avaient gagné un premier prix pouvaient concourir. En 1921, il commença à donner des concerts, et rencontra parfois Gabriel Fauré, pour lequel il joua.

Quelques années plus tard, Vlado Perlemuter entendit les Jeux d'eau de Ravel, et l'impression que lui laissa cette pièce l'entraîna à travailler les œuvres complètes de ce compositeur entre 1925 et 1927. Pendant six mois, Perlemuter eut le privilège rare de travailler avec Ravel en personne, et se rendit régulièrement dans sa maison de Montfort-l'Amaury. A cette époque, il étudia aussi avec Robert Lortat. Deux ans plus tard, Perlemuter interpréta l'intégrale des pièces de Ravel pour piano seul lors de deux récitals à Paris - il était le premier pianiste à donner un tel programme. En 1953, il publia un ouvrage à propos de son travail avec Ravel : Ravel d'après Ravel (Lausanne, 1953). Il donna aussi des récitals de musique de chambre avec Gabriel Bouillon, Pierre Fournier et le Quatuor Calvet.

Pendant les années 1930, Vlado Perlemuter s'évertua à solidifier sa carrière de pianiste. En 1934, il joua quelques pièce de Prokofiev pour la Music Society de Londres, et fit ses débuts en récital au Wigmore Hall en 1937. Plutôt que d'interpréter la musique de Ravel - qui semblait lui aller si bien - il choisit un programme plus flegmatique incluant le Concerto Italien BWV 971 de Bach et la Sonate pour Piano en fa mineur Op. 57 « Appassionata » de Beethoven. Deux ans plus tard, il revint au Wigmore Hall, choisissant cette fois-ci un répertoire pour lequel il était à l'aise et célèbre : la Sonatine de Ravel, les Etudes Symphoniques Op. 13 de Schumann, la Sonate en mi bémol Op. 81a « Les Adieux » de Beethoven et les Préludes Op. 28 de Chopin.

En 1938, alors que la Deuxième Guerre Mondiale approchait, Vlado Perlemuter fut nommé professeur assistant au Conservatoire de Paris ; mais dès 1942, il chercha désespérément à s'enfuir pour la Suisse avec sa femme : son nom était sur la liste des français Juifs à arrêter. Cortot - qui était pourtant Commissaire des Arts Supérieurs pour le Régime de Vichy - ne fit rien pour l'aider, ce que Perlemuter n'oublia jamais. Il ne fut jamais autorisé à se produire en Suisse : les années de guerre furent difficiles pour Vlado Perlemuter, qui fit un dépression nerveuse et dut ainsi passer trois ans dans un sanatorium. Il retourna à Paris à la fin des années 1940, arrêta de donner des concerts en 1950 et prit un poste au Conservatoire de Paris : ses élèves les plus célèbres furent Michel Dalberto et Christian Zacharias.

L'enseignement occupa une grande place dans sa carrière. Il donna des masterclasses au Japon, en Angleterre et au Canada, et prit part aux jurys de plusieurs concours de piano, bien qu'il jouât aussi régulièrement en Europe, en Afrique du Nord et au Japon. Il se rendit souvent en Angleterre, mais lorsqu'il joua au Wigmore Hall de Londres en 1962, la critique du Times parla de façon erronée de ce concert comme de ses débuts londoniens. Bien que Perlemuter allât rarement aux États-Unis, il était pianiste en résidence à l'Université d'Indiana de Bloomington (Illinois) ; cependant, il rentra en Europe avant la fin de son contrat. Il fut nommé Officier de la Légion d'Honneur et Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres.
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Jenny Solheid
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Robert Steyaert
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Eugène Traey
Belgique, °1915 - 2006
Né à Amsterdam de parents belges, Eugène baron Traey (1915-2006) a fait ses études musicales au Conservatoire royal d'Anvers, où il a eu comme professeur de piano Emmanuel Durlet. Il se perfectionna ensuite à Paris chez Robert Casadesus et en Allemagne chez Karl Leimer et Walter Gieseking. Eugène Traey a mené parallèlement une carrière de concertiste et de professeur au Conservatoire royal d'Anvers, dont il a été le directeur jusqu'en 1980. Il a donné des récitals, des concerts avec orchestre et en musique de chambre avec Arthur Grumiaux et Jean Laurent ou en duo de piano avec Frédéric Gevers. Il est le fondateur du deSingel à Anvers et fut régulièrement membre du jury de concours internationaux réputés (Moscou, Varsovie, Munich, Tokyo et autres). De 1982 à 1995, Eugène Traey a présidé le jury de chaque session du Concours Reine Elisabeth.
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Sonia Valine
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Monique (Yver) de la Bruchollerie
France, °1915 - 1973
C’est par une heureuse coïncidence que Monique de la Bruchollerie commença le piano : ses parents étaient amis du pianiste Isidor Philipp, qui découvrit le talent de la petite fille et commença immédiatement à lui donner des leçons. Alors à peine âgée de sept ans, elle entra au conservatoire de Paris dans la classe du professeur Philipp. Elle en sortit diplômée et avec le Premier Prix (1928) et le Prix Pagès à treize ans, distinguée tous les cinq ans par la direction du conservatoire pour le meilleure gagnant du premier prix des quatre années précédentes. Par la suite, elle étudia avec Alfred Cortot à Paris, Emil von Sauer à Vienne et Raul Kochalski à Berlin.

En 1932, Monique de la Bruchollerie donna un concert à la Salle Pleyel, accompagnée de l’orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire sous la direction de Charles Munch. Elle y interpréta trois concertos pour piano. Cette prestation marqua le début d’une carrière internationale pour la jeune fille - qui avait alors dix-sept ans - et la mena à signer un contrat exclusif de trois ans avec la Société des Concerts.

Peu après, elle participa à trois concours internationaux de musique : à Vienne (3e prix, 1936), Varsovie (3e Concours Chopin, 7e prix) et Bruxelles (Concours Eugène Ysaÿe, 10e prix, 1938).
La carrière de concertiste de Monique de la Bruchollerie franchit une étape après la deuxième guerre mondiale. Pendant les années 1940, 1950 et 1960, elle donna plusieurs douzaines de concerts par an. Elle fit ses débuts aux Etats-Unis avec l’Orchestre Symphonique de Boston, sous la direction d’Ernest Ansermet, en 1952. Elle se produisit en soliste par la suite, à New York, Philadelphie, Chicago et d’autres villes nord-américaines. Les cinq prestations qu’elle fit au Carnegie Hall en deux semaines furent considérées comme un évènement exceptionnel dans l’histoire de la fameuse salle de concert. Son répertoire était très étendu, allant de Bach à Chostakovitch en passant par Mozart, Clementi, Mendelssohn, Chopin, Schumann, Liszt, Brahms, Debussy, Franck, de Falla, Szymanowski, Rachmaninov ou encore Prokofiev.

En 1969, pendant une série de concerts en Roumanie, Monique de la Bruchollerie se blessa dans un accident de voiture, qui mit un terme à sa carrière. Elle se consacra à l’enseignement jusqu’à la fin de sa vie. Elle a laissé quelques enregistrements, notamment de concertos de Chopin, Brahms, Tchaïkovski, Mozart, Franck et Rachmaninov, mais aussi de pièces pour piano solo de nombreux compositeurs, dont la Ballade en fa mineur de Chopin. Elle fut membre de jurys de nombreux concours internationaux à Paris, Budapest, Versailles et Munich.
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