Président du jury
Marcel Cuvelier
Belgique, °1899 - 1959
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Oskar Back
Hongrie (Rép.), Pays-Bas, °1879 - 1963
Oskar Back était un violoniste et professeur néerlandais, d’origine hongroise. Il étudia aux Conservatoires de Vienne et de Bruxelles (avec Eugène Ysaÿe et César Thomson), et enseigna au Conservatoire de Bruxelles de 1910 à 1918. En 1919, il s’installa aux Pays-Bas, et se distingua comme violoniste du Concertgebouw Orchestre d’Amsterdam, sous la direction de Mengelberg, pour le mémorable festival Mahler de 1920.

Oskar Back se consacra principalement à l’enseignement, tout d’abord avec des cours privés puis, plus tard, au Muzieklyceum d’Amsterdam et au Conservatoire de Rotterdam. Il fut le professeur des plus grands violonistes et chefs d’orchestre néerlandais, parmi lesquels nous pouvons citer Herman Krebbers, Theo Olof, Willem Noske, Jo Juda, Emmy Verhey et Jean-Louis Stuurop ; il enseigna aussi à des étudiants étrangers, comme Alma Moodie.

La Fondation Oskar Back fut fondée après sa mort, dans le but d’assister les jeunes violonistes néerlandais. Elle organise un concours national de violon tous les deux ans.
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Mario Corti
Italie, °1882 - 1957
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Arthur Grumiaux
Belgique, °1921 - 1986
Arthur Grumiaux est considéré comme l'un des grands violonistes virtuoses de l'école franco-belge du XXème siècle. Ses accomplissements furent superbes malgré une vie relativement courte ; il combinait une maîtrise technique, une fidélité aux intentions du compositeur et une sensibilité face aux contours complexes de la structure musicale dans ses performances. Sa réputation fut construite sur d'incroyables performances des concertos pour violon, et ses apparitions en formation chambriste, avec son propre Trio Grumiaux.

Arthur Grumiaux naquit à Villers-Perwin (Belgique) en 1921, dans une famille d'ouvriers. Son grand-père le poussa à commencer la musique alors qu'il n'avait que 4 ans. Il étudia le violon et le piano avec Fernand Quintet au Conservatoire de Charleroi, où il gagna son premier prix à l'âge de 11 ans. L'année suivante, il poursuivit ses études aux côtés d'Alfred Dubois au Conservatoire Royal de Bruxelles, où il étudia aussi le contrepoint et la fugue avec Jean Absil. Il reçut sa première récompense importante à l'âge de 20 ans, gagna les prix Henri Vieuxtemps et François Prume en 1939, et le Prix de Virtuosité de la part du Gouvernement belge en 1940. Pendant cette même période, il travailla la composition lors de cours privés à Paris, avec Georges Enesco (professeur de Menuhin). Il fit ses débuts en Belgique, avec l'Orchestre Philharmonique de Bruxelles, et en interprétant le Concerto de Mendelssohn ; puis en 1945 avec l'Orchestre Symphonique de la BBC.

L'invasion allemande de sa terre natale causa une courte période de vide dans sa carrière : pendant ce temps, il joua avec de petits ensembles de manière privée, et refusa toute performance publique. Ne se préoccupant pas de ce petit contretemps dans l'avancement de sa carrière internationale, il ne mit pas longtemps à la lancer et, rapidement, à la développer. Peu après ses débuts anglais, il fit ses premiers pas dans l'Académie de Belgique, juste avant d'être nommé professeur de violon au Conservatoire Royal où il avait étudié auparavant. Là, il insista sur l'importance du phrasé, de la qualité du son, et du haut niveau de technique à acquérir dans cet art.

Les interprétations d'Arthur Grumiaux ont été regroupées dans près de 30 enregistrements, presque tous pour Philips, bien que son nom ait aussi été vu chez les labels EMI, Belart et Music&Arts. Ces enregistrements reprennent en général des pièces de Bach, Beethoven, Brahms, Mozart et Schubert, et incluent parfois des œuvres de Ravel et Debussy. L'une de ses grandes joies dans sa vie de musicien était de travailler avec la pianiste Clara Haskil. De temps en temps, les deux musiciens échangeaient leurs instruments pour trouver des perspectives et une relation différentes. A la mort de la pianiste, d'une chute dans une gare alors qu'elle était en route pour un concert avec Grumiaux, il ressentit son absence non seulement au niveau professionnel, mais aussi au niveau personnel.

En plus de ses interprétations en soliste, il a enregistré les Quintets de Mozart avec l'Ensemble Grumiaux, et plusieurs autres œuvres avec le Trio Grumiaux composé du coupe hongrois Georges Janzer (violon) et Eva Czako (violoncelle). Cette carrière pleine de succès lui valut une reconnaissance royale : en 1973, il reçut le titre de Baron par le Roi Baudouin pour ses services à la musique - titre partagé avec Paganini. Malgré une lutte contre le diabète, il maintint un emploi du temps rigoureux, rythmé par les enregistrements et les concerts, essentiellement en Europe de l'ouest, jusqu'à ce qu'il soit emporté par une congestion soudaine, à Bruxelles, en 1986. A l'âge de 65 ans, il laissa derrière lui le souvenir d'un musicien fort et élégant.
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Frederick Jacobi
, °1891 - 1952
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Philip Newman
Grande-Bretagne, °1904 - 1966
Philip Newman naquit à Manchester. Son père, Harris Newman, était cantor à la Grande Synagogue de Manchester. Originaire de Lodz (Pologne), il était considéré comme l'un des plus grands cantors de son époque, aussi doué en tant que chanteur qu'en tant que musicien. La soeur de Philip, Pearl, et son frère Montague, avaient eux aussi un don pour la musique. Philip devint l'élève de Brodsky au Royal Manchester College of Music - il y entra en 1917 âgé de 13 ans, et en ressortit en 1920 sans avoir obtenu de diplôme.

En 1924, Brodsky lui conseilla de se présenter au Conservatoire de Bruxelles afin d'étudier avec Albert Zimmel, le premier assistant d'Eugène Ysaÿe. Après seulement un an, il y remporta le Premier Prix de Violon avec les notes optimales, et tous les compliments du jury, alors qu'il avait joué le Concerto en fa dièse mineur Op. 23 de H. W. Ernst, réputé pour sa grande difficulté. Pendant son séjour à Bruxelles, il étudia aussi avec les violonistes Henri van Hecke et Cesar Thomson. A cette époque, il se lia d'amitié avec Antoine, le fils d'Eugène Ysaÿe, qui lui demanda d'interpréter la Sonate No. 4 pour violon seul de son père ; mais Newman refusa, disant qu'il ne se sentait pas prêt à jouer pour un homme qui, dès son plus jeune âge, avait été considéré comme le « violoniste suprême ». Six ans plus tard, Antoine devint l'agent de Newman.

Philip Newman vécut à Berlin de 1928 à 1932, afin d'étudier avec Willy Hess, qui était alors le plus grand violoniste allemand, et qui avait été l'élève de Joseph Joachim. Là, il fit l'apprentissage d'un style bien différent de celui de l’École belge dont il était devenu un pur produit. A Berlin, il fut confronté à l'exceptionnel niveau de culture musicale, et Newman projeta donc de partir étudier dans d'autres conservatoires avec Henri Marteau puis Ottokar Sevcik après son cursus auprès de Hess ; mais ce projet ne put jamais se concrétiser.

En 1931, Philip Newman se rendit dans la maison des Ysaÿe, alors qu'Eugène Ysaÿe était mourant. En montant les escaliers, il s'empara de son violon et interpréta cette quatrième sonate du Maître - dédiée à Franz Kreisler - qu'il rechignait tant à jouer quelques années auparavant. Les dernières notes qu'entendit Ysaÿe furent celles jouées par Newman. Les dernières paroles qu'il prononça furent, elles aussi, adressées à Newman : « Magnifique ... mais le finale ... un peu trop rapide ... ». Lors de l'enterrement d'Ysaÿe, Newman prit les cordes de son violon, et les attacha autour d'une couronne qu'il déposa sur la tombe.

Le premier grand récital de Philip Newman eut lieu dans sa ville natale - Manchester - au milieu des années 1920. Son père loua le Free Trade Hall de la ville à cette occasion. Cependant, son premier concert de grande envergure eut lieu à Ostende : il y interpréta le Concerto pour Violon de Beethoven. Pour quelque raison inexplicable, ses débuts anglais officiels avec orchestre n'eurent lieu qu'en 1935, au Free Trade Hall de Manchester une fois encore.

En 1951, Philip Newman commença son long service en tant que membre du jury au Concours Reine Elisabeth - qui avait remplacé le Concours de Violon Eugène Ysaÿe. Pendant plusieurs années, il fut aussi l'un des juges du Concours de Violon Tchaïkovski de Moscou, où il représentait le Conseil Britannique. En 1937, Philip Newman fut présenté à S.M. La Reine Elisabeth de Belgique, et devint son professeur de violon attitré. Pendant plusieurs années, la Reine avait consacré beaucoup de temps à l'étude du violon et avait joué en privé avec de nombreux musiciens distingués. Elle aidait beaucoup le monde artistique, et accompagnait des violonistes accomplis. En 1964, la Reine travailla à la fondation du Symphonicum Europaea avec de grands musiciens tels que Casals, Stravinsky, Schweitzer et Newman. La Reine assista à la plupart de ses concerts, et lui offrit un archet monté en or par le fameux archetier François Tourte - l'un des plus réputés. Cette longue association avec la Reine Elisabeth s'acheva à sa mort, en 1965.

En 1942, Philip Newman se réfugia au Portugal et, arrivé à Lisbonne, devint le premier professeur de violon étranger à l'Académie Nationale de Musique. Pendant ce long séjour dans cette ville, il organisa et promut des concerts caritatifs - notamment pour le bénéfice de la Croix Rouge. La même année, il fit l'acquisition d'un magnifique Guarnerius del Gesu de 1741, que son cousin Issac Wolfson avait obtenu pour lui. Plusieurs années auparavant, Ysaÿe avait hésité à acheter ce même violon. Cet instrument était le préféré du virtuose Henri Vieuxtemps (à l'enterrement de ce dernier, il avait été porté derrière le cercueil sur un coussin de velours, et est aujourd'hui connu sous le nom d' « ex-Vieuxtemps »), et est considéré comme l'un des meilleurs violons ayant jamais existé - tant par les experts que par les musiciens.

Pendant les dernières années de guerre, Philip Newman redoubla ses concerts pour les réfugiés, qui s'étendirent par la suite aux populations les plus défavorisées d'Afrique. En 1950, il quitta le Portugal pour une tournée en Angleterre, Belgique, Italie, Espagne et Allemagne. Il reçut d'excellentes critiques, de la part de critiques musicaux autant que de ses collègues musiciens. Les 22 et 23 novembre, il fit encore un apparition au Free Trade Hall de Manchester, où il joua le Concerto pour Violon de Beethoven avec le Halle Orchestra dirigé par John Barbirolli. En 1954, il accepta une série de 28 concerts au Congo belge et en Angola, mais juste avant la finalisation de ce projet, il apprit la mort de son père ; cependant, il continua sa tournée comme prévu. Il fit la connaissance d'Albert Schweitzer à Lambaréné et, à la fin de cette tournée, passa par Johannesburg où il enregistra des œuvres de Paganini et le concerto de Beethoven pour la Compagnie Sud-Africaine d'Enregistrement.

A son retour en Europe, Philip Newman rejoignit son vieil ami Casals, pour jouer à l'ouverture du Festival de Prades. En 1962, il fonda le Festival de Pollensa, qui devint son activité principale pendant les dernières années de sa vie. De nombreux artistes jouèrent à ses côtés au cours de ces festivals (par exemple, Ruggiero Ricci, Pierre Fournier et Friedrich Guida furent programmés une année). Le dernier concert de Newman eut lieu le 4 septembre 1966 lors de l'un de ces festivals ; il joua sa dernière pièce sur la demande d'un journaliste ce soir-là : le Recitativo and Scherzo de Kreisler. Une tournée en URSS était programmée, mais Philip Newman mourut d'un arrêt cardiaque, dans sa chambre d'hôtel de Majorque, le 23 novembre 1966 - un an jour pour jour après sa chère amie la Reine Elisabeth. Ironiquement, il était attendu ce soir là sur le plateau d'une émission télévisée commémorant le premier anniversaire de la mort de la Reine.

Tout au long de sa carrière, Philip Newman reçut de nombreux honneurs et récompenses. En Belgique, il fut nommé Officier de l'Ordre de la Couronne. Le Portugal lui offrit sa plus haute récompense : Chevalier commandeur de l'ordre de St Jacques de l'Épée et, pour son travail pendant les années de guerre, il fut décoré de l'Ordre de St Jean et l'Ordre du Christ. Il reçut aussi les médailles Ysaÿe et Reine Elisabeth de Belgique, puis l'Ordre du Mérite et l'Ordre Léopold. Enfin, il fut récompensé de son travail par la commande d'un portrait de lui, qui se trouve à présent à la Galerie Nationale de Lisbonne.
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David Oistrakh
Russie (Fédération de), °1908 - 1974
David Oistrakh est considéré comme le plus grand violoniste soviétique de la seconde moitié du XXème siècle. Les enregistrements qu'il a laissés englobent presque l'intégralité du répertoire « classique » de violon jusqu'à Prokofiev et Bartok. Ses études de violon commencèrent en 1913 avec Pyotr Stolyarsky. Peu après, il entra officiellement dans la classe de Stolyarsky au Conservatoire d'Odessa, dont il sortit diplômé en 1926, après avoir joué le Concerto pour violon No. 1 de Prokofiev. Ses performances du Concerto de Glazunov à Odessa et Kiev lui donnèrent l'assurance suffisante pour aller à Moscou. Il y fit ses débuts en 1929, mais l'événement ne fut pas du tout remarqué. Cependant, en 1934, après plusieurs années patiemment utilisée à affiner son art, il fut invité à entrer au Conservatoire de Moscou comme professeur, à plein-temps à partir de 1939.

Pendant ce temps, David Oistrakh gagnait en notoriété dans l'univers des concours : il remporta le concours Inter-Ukraine en 1930, et Inter-Soviétique trois ans plus tard. En 1935, il gagna le second prix au Concours Wieniawski. En 1937, le gouvernement soviétique envoya le violoniste au Concours Yasÿe, où il remporta le premier prix.

Après cette victoire à Bruxelles, les compositeurs soviétiques commencèrent à prêter attention à leur jeune compatriote, et lui permirent de travailler aux côtés de Miaskovsky et de Khachaturian dans leurs concertos, respectivement en 1939 et 1940. De plus, son amitié pour Shostakovich poussa le compositeur à écrire deux concertos pour violon. Le premier concerto fut créé par Oistrakh lui-même lors de ses triomphants débuts américains en 1955. Pendant les années 1940, le planning de concerts chargé de David Oistrakh le mena dans toute l'URSS, mais il dut attendre les années 1950 et le relatif apaisement de tensions politiques pour se lancer dans sa carrière internationale, et être accueilli dans les capitales du bloc ouest.

Les dernières décennies de sa vie furent consacrées à maintenir le plus haut niveau d'excellence tout au long de son épuisant emploi du temps de tournées (il se rendit six fois aux États-Unis dans les années 1960), et il se lança dans une carrière parallèle de chef d'orchestre, courte mais couronnée de succès. Il mourut soudainement à Amsterdam en 1974, pendant un cycle de concerts dédié à Brahms, au cours duquel il jouait et dirigeait.

Tout au long de sa carrière, David Oistrakh fut loué pour sa personnalité honnête et chaleureuse ; il entretenait des relations très proches avec les plus grands musiciens de son époque. Sa technique violonistique était sans défaut, car il n'admettait jamais que des problèmes physiques ne l'empêchent de dominer ses performances musicales. Il exigeait constamment - de lui-même et de la part de ses élèves - une maîtrise, une intelligence et une émotion musicales équilibrées, quel que soit le style de jeu ou de musique. David Oistrakh pensait que l'essence d'un violoniste était communiquée par une utilisation intelligente et subtile de l'archet, et pas uniquement par l'utilisation excessive d'un vibrato expressif. A cette fin, il développa une technique du bras droit remarquablement flexible, détendue et capable de produire toute une palette de nuances aussi bien délicates que capables de produire un son large et résonnant.

En tant que professeur, David Oistrakh soutenait qu'un professeur ne devait pas faire plus que le nécessaire afin de guider l'élève vers ses propres solutions face à ses problèmes techniques ou d'interprétation. Il jouait rarement pendant ses cours, craignant de distraire l'élève et de l'empêcher de développer une approche individuelle à la musique. Peut-être que l'une des preuves les plus évidentes du don pour l'enseignement d'Oistrakh est qu'il apprit autant que ses élèves pendant les leçons qu'il leur donnait.
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Alfred Pochon
Suisse, °1878 - 1959
Alfred Pochon (1878-1959) débute l'apprentissage du violon à l'âge de sept ans dans sa ville natale Yverdon en Suisse avant de suivre les enseignements de Louis Rey à Genève. À quatorze ans il se décide définitivement pour une carrière musicale. Il part alors pour la Belgique en 1895 et s'inscrit au Conservatoire de Liège, c'est lCésar Thomson qui lui enseigne l'art du violon et surtout celui du quatuor à cordes. Alfred Pochon obtient son diplôme ainsi qu'un premier prix de violon en 1897.

Il donne un de ses premiers concerts en tant que soliste au Casino de Saint-Pierre à Genève en 1889; il y joue avec succès le Septième Concerto de Spohr. Alfred Pochon est déjà en 1890 dans les rangs des violons de l'orchestre des Concerts classiques de Genève, dirigé par Hugo de Senger. Il tient également le pupitre de premier violon dans l'orchestre Eugène Ysaÿe, fondé et dirigé par ce dernier à Bruxelles. En 1901, il quitte la Belgique pour Vienne avant de découvrir les Etats-Unis.

En 1903 le violoniste fonde, avec l'appui financier de son ami le banquier E.-J. de Coppet, le Quatuor du Flonzaley à New York, ce quatuor le fait voyager en Europe, en Amérique du Nord et à Cuba. En 1922, Alfred Pochon s'installe à Lutry. C'est ici que dorénavant se rencontrent les membres du Quatuor. En mai 1929, après la cessation de l'activité du Quatuor du Flonzaley, Alfred Pochon crée avec Nicolas Moldavan le Quatuor Stradivarius avec lequel il enchaîne les tournées durant neuf ans. En 1941, il devient directeur du Conservatoire de Musique de Lausanne jusqu'en 1957. En 1944, il crée la Gazette musicale du Conservatoire de Lausanne.
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Jacques Thibaud
France, °1880 - 1953
Jacques Thibaud voit le jour en 1880 à Bordeaux. Il fut d'abord violoniste d'orchestre, sous la direction notamment d'Edouard Colonne, avant d'entamer une carrière de soliste. Ami et disciple d'Eugène Ysaÿe (qui écrivit pour lui sa Deuxième Sonate), Jacques Thibaud incarne aujourd'hui encore le violoniste français au jeu à la fois élégant et charmeur. Grand interprète de Mozart, il fut membre, avec le violoncelliste Pablo Casal et le pianiste Alfred Cortot, d'un trio mémorable. A la faveur du concours qu'il fonda en 1943 avec Marguerite Long, Jacques Thibaud se consacra aussi à l'enseignement à l'Ecole normale de musique et à l'Académie Chighiana de Sienne. Il mourut en 1953 dans un accident d'avion, alors qu'il se rendait au Japon. Son Stradivarius de 1720 disparut avec lui.
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Carlo Van Neste
Belgique, °1914 - 1992
Carlo Van Neste (1914-1992) et sa soeur Rosane, âgés respectivement de trois et six ans, jouent ensemble du piano. En 1924, il obtient un premier prix de violon avec la plus grande distinction. Les concerts de l'enfant prodige se succèdent en Belgique, en France, en Hollande et en Angleterre. Quelques années plus tard, il obtient, au Conservatoire royal de Bruxelles, les prix d'harmonie, de contrepoint et de fugue, et se voit décerner les plus hautes récompenses violonistiques : le prix Vieuxtemps (Verviers, 1933), le prix Kreisler (Liège, 1934) et ensuite la Médaille de Vermeil au Concours International de Vienne (1937). En 1989, la reine Fabiola lui remet la médaille d'or du Concours Reine Elisabeth en remerciement pour sa contribution extraordinaire à la musique.

Il poursuit des études approfondies auprès d'Eugène Ysaÿe, à l'École Normale de Paris avec Jacques Thibaut et est, pendant cinq ans, élève particulier de Georges Enesco. Nommé en 1942 professeur au Conservatoire royal de Bruxelles, Carlo Van Neste forme de nombreux virtuoses belges et étrangers. Il enseigne également à la Chapelle Reine Elisabeth et au Conservatoire d'Utrecht. À ces élèves, dont notamment Edith Volckaert et Véronique Bogaerts, toutes deux lauréates du Concours Reine Elisabeth, il transmet le jeu caractéristique de la grande École belge du violon.

Ces tournées l'amènent aux quatre coins du monde : les grandes villes d'Europe, d'Afrique, d'Amérique du Sud et d'URSS l'accueillent et il joue sous la direction de chefs prestigieux. Il siège dans les jurys des grands concours internationaux : Paris, Genève, Moscou, Tokyo, Montréal,...

Il crée le trio Carlo Van Neste avec Naum Sluszny au piano et Eric Feldbusch au violoncelle, ensemble remarquable qui se produit tant en Belgique qu'à l'étranger. Après un récital pour la reine Elisabeth au Château de Stuyvenberg, le trio obtient le nom Trio Reine Elisabeth. Depuis leur première rencontre quand il a douze ans, Carlo Van Neste joue souvent pour la Reine. Trente ans plus tard, afin de fêter cette première rencontre, elle lui offre le fameux Guarnerius de Venise (1725), qu'il peut lui même choisir à Londres.

Carlo Van Neste défend avec passion la musique belge. En 1973, il se voit décerner le trophée Fuga en reconnaissance de son activité en faveur de la musique de son pays. Les compositeurs belges dont il crée des oeuvres sont, entre autres, Bourguignon, de Vocht, Alpaerts, Legley, Chevreuille, Poot, Absil, Defossé, Jongen, Huybrechts, De Vreese (père et fils) et Meulemans.

En 1997, pour transmettre cet héritage musical, sa fille Dominique décide de créer la Fondation Carlo Van Neste.
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